Difficultés de l'enfant : chercher à comprendre avant d'étiqueter.

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Anxiété, inattention, impulsivité, difficultés scolaires… une difficulté ne signifie pas nécessairement un trouble neurodéveloppemental. Mais comment faire la différence ?

« Il a toujours été un peu différent… Est-ce que cela pourrait être un trouble neurodéveloppemental ? »

C'est une question que de nombreux parents se posent aujourd'hui. Les troubles neurodéveloppementaux (TND) sont en effet de plus en plus connus du grand public, et les termes TDAH, TSA, troubles « Dys » ou encore troubles des apprentissages sont désormais régulièrement évoqués.

Face à certaines difficultés scolaires, comportementales, relationnelles ou émotionnelles, il est donc naturel pour un parent de se demander si son enfant présente un TND.

Mais une difficulté ne signifie pas nécessairement qu'il existe un trouble neurodéveloppemental.

Des difficultés qui peuvent parfois être confondues avec un TND

Certaines manifestations peuvent faire penser à un trouble neurodéveloppemental alors qu'elles peuvent être liées à l'état émotionnel de l'enfant, à son environnement ou à une période particulière de sa vie.

Par exemple, un enfant anxieux peut avoir du mal à se concentrer, oublier certaines consignes ou sembler « dans la lune ». Un enfant qui traverse une période difficile peut devenir plus irritable, impulsif ou avoir davantage de difficultés à gérer ses émotions.

De la même façon, un manque de sommeil, un stress important, un événement familial, des difficultés relationnelles, du harcèlement scolaire ou encore une situation de changement peuvent modifier temporairement le comportement et les capacités de l'enfant.

Certaines difficultés peuvent également être liées à l'âge, au tempérament de l'enfant ou à un décalage entre ses besoins et les exigences de son environnement.

Il est donc essentiel de ne pas interpréter un comportement isolé comme le signe d'un TND.

La question importante est notamment de savoir si les difficultés sont durables, présentes dans différents contextes, apparues au cours du développement et si elles ont un retentissement significatif sur le quotidien de l'enfant.

C'est pourquoi une observation globale de l'enfant est nécessaire avant de conclure à un trouble. L'objectif n'est pas simplement de chercher « ce qu'il a », mais de comprendre ce qui se passe pour lui et de quels aménagements ou accompagnements il a besoin.

Qu'est-ce qu'un trouble neurodéveloppemental ?

Les troubles neurodéveloppementaux (TDAH, TSA, Troubles des apprentissages, Déficience intellectuelle) apparaissent au cours de la période du développement de l'enfant. Ils sont liés à des particularités du développement et du fonctionnement du cerveau et peuvent avoir des conséquences sur les apprentissages, la communication, les interactions sociales, l'attention, les fonctions exécutives, la motricité ou encore le comportement.

Ils débutent généralement dans l'enfance, même si leurs manifestations peuvent évoluer avec l'âge et parfois être identifiées plus tardivement.

→ La stratégie nationale 2023-2027 pour les troubles du neurodéveloppement mobilise 81 mesures pour améliorer le repérage, le diagnostic et l'accompagnement des personnes concernées.

Les TND peuvent être très variables d'un enfant à l'autre. Deux enfants ayant le même diagnostic peuvent ainsi présenter des profils et des besoins très différents.

Il est important de rappeler que le HPI n'est pas un trouble neurodéveloppemental.

Quand peut-on commencer à se poser la question d'un TND ?

Plusieurs éléments peuvent amener à envisager cette hypothèse.

Des difficultés qui durent dans le temps

Une difficulté ponctuelle est rarement suffisante pour évoquer un trouble.
On s'intéresse davantage à des particularités qui sont présentes depuis longtemps, parfois depuis la petite enfance, et qui persistent malgré les adaptations mises en place.

Des difficultés qui se retrouvent dans plusieurs situations

Il est également important d'observer ce qui se passe dans différents environnements.
L'enfant rencontre-t-il les mêmes difficultés à la maison, à l'école, dans ses activités extrascolaires ou dans ses relations avec les autres ?
Certaines difficultés peuvent au contraire apparaître essentiellement dans un contexte particulier.
Cette information est alors très importante pour comprendre ce qui se joue.

Un retentissement dans la vie quotidienne

On ne s'intéresse pas uniquement à la présence d'un comportement, mais à son impact sur la vie de l'enfant.
Les difficultés entravent-elles ses apprentissages ? Ses relations avec les autres ? Son autonomie ? Sa vie familiale ? Son estime de lui-même ?
C'est notamment ce retentissement qui permet de déterminer si une évaluation plus approfondie est nécessaire.

→ Les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) précisent les critères diagnostiques et les modalités de prise en charge du TDAH chez l'enfant et l'adolescent.

Le parcours ne commence pas forcément par un bilan

Lorsqu'un parent se questionne, il peut être tentant de chercher immédiatement « le bon bilan ».
Pourtant, le cheminement peut commencer beaucoup plus simplement : prendre le temps de faire le point sur les difficultés de l'enfant.
Cette première étape permet de mieux cerner la situation.

Le diagnostic peut être utile… mais il n'est pas une finalité

Lorsqu'un diagnostic est posé, il peut permettre de mieux comprendre le fonctionnement de l'enfant, de mettre en place des adaptations adaptées à ses besoins et de faciliter la coordination entre les différents adultes qui l'accompagnent.

Mais le diagnostic ne définit pas l'enfant.
Deux enfants ayant le même diagnostic peuvent avoir des profils, des forces et des besoins très différents.
Et inversement, deux enfants présentant des difficultés similaires peuvent avoir des besoins très différents.
C'est pourquoi l'accompagnement doit rester individualisé et se poursuivre après le diagnostic.

Et si ce n'était finalement pas un TND ?

C'est une question importante.

Parfois, les investigations ne mettent pas en évidence de trouble neurodéveloppemental.
Cela ne signifie absolument pas que les difficultés de l'enfant « n'existent pas ».

Un enfant peut avoir besoin d'aide, d'aménagements ou d'un accompagnement sans pour autant recevoir un diagnostic.
L'objectif n'est pas uniquement de trouver « ce qu'a » l'enfant, mais surtout de comprendre « de quoi il a besoin ».

Cette nuance est essentielle.

Quel peut être mon rôle auprès de votre enfant ?

En tant que psychopraticienne spécialisée dans l'accompagnement des enfants, des adolescents et de leurs parents, je peux également constituer une interlocutrice dans ce cheminement.

Mon rôle n'est pas de poser un diagnostic de trouble neurodéveloppemental. Il est plutôt d'aider la famille à mettre du sens sur les difficultés rencontrées et à mieux comprendre ce qui se passe pour l'enfant.

Lors des échanges avec les parents et avec l'enfant, lorsque cela est pertinent, nous pouvons notamment chercher à comprendre :

  • quelles sont les difficultés rencontrées ;
  • dans quelles situations elles apparaissent ;
  • depuis quand elles sont présentes ;
  • ce qui semble les déclencher ou les renforcer ;
  • ce qui aide l'enfant à mieux fonctionner ;
  • quel est leur impact sur sa vie familiale, scolaire et sociale.

Mon rôle est de vous aider à prendre du recul sur les difficultés rencontrées par votre enfant, à mieux comprendre son fonctionnement et à identifier ses besoins.

Cette démarche permet parfois de mieux distinguer ce qui relève d'une difficulté ponctuelle, d'une période de fragilité, d'une problématique émotionnelle ou relationnelle, d'une difficulté d'adaptation ou de difficultés qui pourraient nécessiter d'être orientées vers un autre professionnel.

Un accompagnement qui peut commencer avant le diagnostic

Il n'est pas toujours nécessaire d'attendre qu'un diagnostic soit posé pour commencer à accompagner un enfant.
Lorsque les difficultés ont déjà un impact sur son quotidien, son bien-être, sa scolarité ou ses relations avec les autres, nous pouvons travailler sur ce qui lui pose problème ici et maintenant.

L'accompagnement parental peut également permettre aux parents de mieux comprendre les réactions de leur enfant, d'identifier ce qui se joue dans certaines situations et de trouver des réponses plus adaptées à ses besoins.

Pour les familles concernées par un diagnostic avéré, le programme PEHP (Programme d'Entraînement aux Habiletés Parentales) peut également constituer un soutien précieux.

Parce qu'un enfant peut avoir besoin d'aide avant même qu'un diagnostic soit posé — et parfois même lorsqu'aucun diagnostic ne sera finalement retenu.

 

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